Interceptés par les douanes, 19 chardonnerets à 1 000 euros pièce soignés au refuge de Valleroy

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Enfermés dans une simple boîte de la taille d’une chaussure. Vendus jusqu’à 1 000 euros pièce. Et pourtant, ce ne sont “que” de petits oiseaux de 15 cm. Derrière cette image choquante, il y a une histoire vraie, récente, et une question dérangeante : jusqu’où va-t-on pour transformer le vivant en marchandise ?

Ces 19 chardonnerets élégants interceptés par les douanes et soignés au refuge de Valleroy ne sont pas un cas isolé. Ils sont le symbole silencieux d’un trafic discret, mais en forte hausse. Et vous allez voir que, même sans être spécialiste des oiseaux, vous pouvez agir concrètement.

19 chardonnerets sauvés in extremis sur l’A4

Fin janvier, sur l’autoroute A4, les douanes françaises contrôlent un convoi venant de l’Est de l’Europe. À l’intérieur, pas de drogue ni d’armes. Mais une vingtaine de chardonnerets élégants, tous entassés dans un récipient à peine plus grand qu’une boîte à chaussures.

Les oiseaux sont affolés, frigorifiés, épuisés. Imaginez 19 petits corps fragiles, pressés les uns contre les autres, privés d’espace et de lumière. Pour des animaux habitués à voler et à chanter à l’air libre, c’est une véritable torture.

Heureusement, les douaniers réagissent vite. Ils confient aussitôt les oiseaux au Centre de sauvegarde de la faune lorraine, à Valleroy, dans le Pays-Haut. Là-bas, une autre bataille commence : les sauver un par un.

Au refuge de Valleroy, une course contre la montre

Au centre de Valleroy, chaque minute compte. Les chardonnerets arrivent stressés, amaigris, en hypothermie pour certains. Le directeur, Alexandre Portmann, et son équipe suivent une sorte de “protocole d’urgence” pour ces victimes du trafic.

Ils commencent par les installer dans des cages plus larges pour réduire le stress. Ensuite, ils les réchauffent progressivement, les nourrissent avec des graines adaptées et leur donnent des vitamines pour renforcer leur organisme. Ce sont des gestes simples en apparence, mais vitaux pour des oiseaux déjà très affaiblis.

Bonne nouvelle : les 19 chardonnerets s’en sortent. Ils reprennent du poids, leur plumage se retend, leur comportement redevient plus vif. Une fois remis, ils doivent être relâchés dans la nature en fin de semaine. Les douaniers qui les ont interceptés seront présents pour assister à ce retour à la liberté. Une sorte de boucle bouclée.

Qui est vraiment ce chardonneret élégant si convoité ?

Si ces oiseaux attirent autant les braconniers, ce n’est pas un hasard. Le chardonneret élégant, c’est un peu la “star” des jardins. Petit, environ 15 cm, mais avec un plumage très coloré : masque rouge vif sur la tête, blanc, noir, jaune sur les ailes. Et surtout un chant mélodieux, reconnaissable entre mille.

On le trouve encore un peu partout en France et dans plusieurs pays voisins. Il fréquente les jardins, les vergers, les lisières de forêt. Mais sa présence se fait plus discrète. Comme beaucoup d’espèces d’oiseaux, il est en régression : disparition des haies, pesticides, raréfaction de la nourriture, dérangement… Tout cela le fragilise.

Et quand une espèce devient plus rare… elle devient plus chère. Là se glisse le marché noir.

Un oiseau qui peut valoir jusqu’à 1 000 euros pièce

Sur le marché illégal, le chardonneret élégant est recherché pour son chant et ses couleurs. On le capture, on le garde en cage, parfois pour des concours de chant, parfois seulement comme “objet de décoration vivant”.

Les estimations données par le centre de Valleroy font froid dans le dos. En moyenne, un chardonneret peut se vendre entre 100 et 200 euros. Mais certains individus, jugés plus “performants” ou plus beaux, peuvent monter jusqu’à 1 000 euros pièce. Avec 19 oiseaux, vous imaginez la somme potentielle.

Ce n’est donc pas un petit trafic “anodin”. C’est un business bien réel, rentable, qui pousse certains à capturer toujours plus d’oiseaux sauvages. Au passage, beaucoup meurent pendant le transport ou peu après la capture. Ceux-là ne seront jamais vus, jamais comptés.

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Une espèce protégée : ce que la loi interdit clairement

Face à cette pression, la loi est sans ambiguïté. La détention, le transport et la vente de chardonneret élégant sont strictement interdits. Que ce soit un seul oiseau dans une petite cage chez un particulier, ou des dizaines dans un véhicule sur l’autoroute, c’est illégal.

On parle ici d’une espèce protégée. La capturer dans la nature, la garder chez soi, la vendre ou l’acheter, c’est passible de poursuites. Amendes, voire peines de prison dans certains cas. Les douanes, comme dans l’affaire de l’A4, et les services de l’environnement peuvent intervenir à tout moment.

Le plus triste, c’est que beaucoup de gens ne mesurent pas la gravité de ce geste. “Ce n’est qu’un petit oiseau”, se disent-ils. En réalité, chaque capture enlève un reproducteur à la nature. C’est toute une population locale qui s’affaiblit peu à peu.

Comment reconnaître un trafic et que faire si vous doutez ?

Vous n’êtes pas obligé d’être ornithologue pour repérer quelque chose de suspect. Il y a quelques signes simples qui doivent vous alerter.

  • Des oiseaux sauvages en cage à vendre sur un marché, dans un vide-grenier ou sur internet.
  • Des petites cages alignées dans un garage, une cour, un balcon, avec des oiseaux à l’allure “trop sauvage”.
  • Des chardonnerets, verdiers, pinsons, dans de minuscules cages, souvent couverts en partie par un tissu.

Si vous avez un doute, vous pouvez :

  • Éviter absolument d’acheter, même “pour les sauver”. Acheter, c’est alimenter le trafic.
  • Contacter l’Office français de la biodiversité (OFB), la gendarmerie ou la police municipale, en donnant un maximum de détails.
  • Prévenir un centre de sauvegarde de la faune sauvage près de chez vous pour demander conseil.

Et si vous trouvez un oiseau blessé, ne le gardez pas chez vous. Placez-le dans un carton percé de petits trous, au calme, au chaud, sans nourriture forcée, et appelez un centre spécialisé. Eux seuls ont l’autorisation et les compétences pour le soigner et, surtout, le relâcher.

Des oiseaux interceptés, mais aussi des armes contre le braconnage

L’affaire des 19 chardonnerets sauvés n’est pas isolée. Les douanes ont déjà saisi d’autres animaux, comme des toucans morts dans un camion sur l’A31, ou des oiseaux victimes de tirs illégaux. Le Centre de sauvegarde de la faune lorraine a même lancé une campagne “Halte au braconnage” pour dénoncer ces actes.

Derrière ces opérations, il y a des agents, des vétérinaires, des bénévoles. Ils passent parfois leurs week-ends et leurs nuits à s’occuper d’animaux qu’ils n’ont pas choisis de voir arriver. Juste pour leur donner une seconde chance.

On pourrait croire que tout cela nous dépasse. Mais en réalité, chaque fois que quelqu’un refuse d’acheter un animal sauvage, signale une situation étrange ou soutient un centre de sauvegarde, le trafic perd un peu de terrain.

Comment aider concrètement, dès aujourd’hui

Vous vous dites peut-être : “Moi, je n’achèterai jamais d’oiseaux braconnés”. C’est déjà énorme. Mais vous pouvez aller un peu plus loin, sans que cela bouleverse votre vie.

  • Ne jamais acheter d’oiseau sauvage, même si on vous assure qu’il vient “d’un éleveur”.
  • Soutenir un refuge ou un centre de sauvegarde près de chez vous, par un don, du temps bénévole ou du matériel.
  • Parler autour de vous de la réalité du trafic, notamment aux enfants, aux voisins, à ceux qui aiment les oiseaux en cage.
  • Aménager votre jardin ou balcon avec des plantes locales et des points d’eau pour accueillir les oiseaux libres, chez eux.

Les 19 chardonnerets de Valleroy auront la chance de retrouver le ciel. Ils ne sauront jamais qu’ils ont été vendus, comptés, cotés comme des objets. Mais vous, vous le savez désormais.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez un chant d’oiseau dans un arbre, prenez une seconde. Dites-vous que sa place est là, dehors. Et que la plus belle cage, en vrai, c’est celle qu’on laisse vide.

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  • Interceptés par les douanes, 19 chardonnerets à 1 000 euros pièce soignés au refuge de Valleroy

    Passionnée par la cuisine depuis mon plus jeune âge, j'ai 31 ans et je travaille dans la restauration. J'adore découvrir de nouvelles saveurs et partager des moments gourmands avec les clients. Toujours souriante et dynamique, je mets un point d'honneur à proposer un service chaleureux et attentionné.

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