Puisque la couleur rousse d’un chat est due à un gène, peut-on avoir des Sacré de Birmanie roux ?

Rate this post

Vous avez peut-être déjà croisé un magnifique Sacré de Birmanie et vous êtes demandé, en voyant un chat roux passer, si ces deux mondes pouvaient se rencontrer. Un Birmanie entièrement roux, est-ce possible, ou bien la génétique et les standards de race l’interdisent-ils totalement ? Entrons ensemble dans les coulisses des gènes et des couleurs pour comprendre ce qu’il en est vraiment.

Roux, rouge, crème… que signifie vraiment la couleur rousse chez le chat ?

Quand on parle de chat roux, on pense souvent à un pelage orange vif. En réalité, les choses sont un peu plus nuancées. En génétique féline, la couleur dite “rouge” correspond au roux. Elle peut être plus ou moins intense, plus chaude ou plus pâle.

Chez le chat, il existe d’abord quelques couleurs de base :

  • le noir ;
  • le rouge, c’est-à-dire le roux ;
  • le blanc, qui correspond en fait à une absence de pigmentation.

À partir de là, d’autres teintes apparaissent sous forme de couleurs dites “diluées” ou secondaires, comme :

  • le crème, du sable au beige très clair ;
  • le cannelle, mélange de brun et de roux chaud ;
  • le fauve, plus doux, entre cannelle clair et crème roux ;
  • mais aussi le bleu, le chocolat, le lilas, l’ambre, etc.

Un chat perçu comme roux peut donc être, d’un point de vue officiel, rouge, cannelle, fauve ou crème. D’où l’impression de voir des “tons de roux” très différents d’un individu à l’autre.

Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de chats roux mâles ?

Si vous y prêtez attention, vous verrez que la plupart des chats roux sont des mâles. Ce n’est pas un hasard, mais une histoire de chromosomes. La couleur rouge/rousse est liée à un gène particulier, souvent noté O, qui produit un pigment orange.

Ce gène est porté par le chromosome X. Or :

  • un mâle possède des chromosomes XY. Il lui suffit donc d’avoir un X portant le gène O pour être roux ;
  • une femelle a deux chromosomes X. Pour être entièrement rousse, elle doit avoir O sur ses deux X.

Si une femelle ne possède le gène roux que sur un seul de ses X, l’autre X porte une autre couleur, par exemple le noir. Le résultat visible est souvent une robe écaille de tortue, avec des mélanges de tâches rousses et noires.

C’est pour cela qu’environ 80 % des chats roux sont des mâles. Autre détail amusant : les yeux des chats roux sont très rarement bleus. Ils sont le plus souvent dorés, cuivrés, verts ou marron, parfois très foncés.

Le Sacré de Birmanie : une robe pas comme les autres

Le Sacré de Birmanie n’est pas un chat “comme les autres” sur le plan de la couleur. Cette race est strictement définie par des standards officiels, notamment par le LOOF en France. Pour être reconnu comme Sacré de Birmanie, un chat doit présenter un motif bien précis : le colourpoint.

Concrètement, cela signifie que :

  • le corps est clair, crème ou ivoire ;
  • les extrémités (oreilles, queue, masque du visage, pattes) sont plus foncées ;
  • les extrémités des pattes sont blanches, formant les fameux “gants”.

À l’origine, seuls les seal point (points noirs sur corps crème) étaient admis. Puis la palette a été élargie. Aujourd’hui, on retrouve par exemple :

  • le chocolate point, plus chaud et un peu plus clair que le seal ;
  • le blue point, avec des points gris-bleuté ;
  • le lilac point, très pâle, tirant vers le mauve rosé ;
  • et bien sûr des variantes rousses, sur lesquelles nous allons revenir.

Autre particularité essentielle du Sacré de Birmanie : ses yeux bleus, intenses, en forme d’amande. Ils font partie intégrante du standard de la race.

Alors, peut-on avoir un Sacré de Birmanie roux ?

La réponse est oui… mais avec une nuance importante. Un Sacré de Birmanie peut présenter une couleur rousse, mais uniquement sur ses points, jamais sur tout le corps comme un chat “roux classique”.

Les principales couleurs “russes” admises chez le Birmanie sont :

  • red point : les points (masque, oreilles, queue, extrémités des pattes) sont d’un roux soutenu. C’est la version la plus intense dans les tons orangés ;
  • cream point : c’est une version diluée du red point, plus douce, plus claire, moins contrastée ;
  • tortie (torty) point : chez les femelles, les points sont marbrés de rouge et d’une autre couleur (noir, chocolat, etc.), à la manière d’une écaille de tortue.

Chaque couleur peut encore exister en version tabby, c’est-à-dire avec des rayures visibles sur les points. On parle alors de red tabby point, cream tabby point, etc. C’est souvent très spectaculaire sur la tête et la queue.

Donc oui, l’on peut tout à fait avoir un Sacré de Birmanie roux au niveau du masque et des extrémités. En revanche, selon le standard, son corps doit rester clair. Il ne sera jamais intégralement roux comme un chat de gouttière orange ou un Maine Coon roux.

Pourquoi le Birmanie ne peut pas être roux partout ?

Tout tient au fameux motif colourpoint. Genétiquement, ce motif fait en sorte que les zones les plus froides du corps (oreilles, queue, extrémités) foncent, alors que le tronc reste nettement plus clair. C’est le même principe que chez le Siamois.

Les chatons Sacré de Birmanie naissent d’ailleurs presque entièrement blancs. Les points apparaissent ensuite progressivement. Le masque s’étend, les pattes, la queue et les oreilles foncent. La couleur définitive se stabilise souvent entre 2 et 3 ans.

Si tout le corps devenait roux, le chat ne correspondrait plus au motif colourpoint. Il ne respecterait donc plus le standard de la race et ne pourrait pas être présenté comme Sacré de Birmanie de “pure race” sur un pedigree reconnu.

Des standards de race très stricts

Les éleveurs de Sacré de Birmanie doivent suivre des règles assez exigeantes. La couleur n’est qu’un aspect parmi d’autres, mais elle joue un rôle important lors des expositions et dans l’homologation des lignées.

Un Birmanie peut être pénalisé si :

  • ses gants blancs montent trop haut ou, au contraire, sont trop courts ;
  • il y a des tâches de couleur dans les zones qui doivent rester blanches ;
  • des marques blanches apparaissent dans les points colorés ;
  • la répartition du motif est jugée non conforme au standard.

À cela s’ajoutent la forme du corps, le type de tête, l’implantation des oreilles, la queue, et bien sûr la couleur des yeux, qui doit être bleu intense. Tout détail qui s’éloigne de cette description peut réduire les chances du chat en concours, voire empêcher la confirmation de la race.

Et dans les autres races, que devient la couleur rousse ?

Pour mieux comprendre où se situe le Sacré de Birmanie, il est intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs. Dans certaines races, le roux est totalement interdit. C’est le cas par exemple :

  • du Chartreux, où l’on recherche une robe bleue uniforme ;
  • du Russian Blue, lui aussi limité à des nuances de bleu gris.

À l’inverse, chez d’autres races, la couleur rousse est fréquente et très recherchée :

  • le Maine Coon, avec de magnifiques roux tabby ;
  • le British Shorthair, où le roux et le crème peuvent donner des chats très massifs et lumineux ;
  • le Persan ou encore l’Abyssin, avec des tons chauds et dorés.

Le Sacré de Birmanie occupe donc une position intermédiaire : la couleur rousse est acceptée, mais encadrée, uniquement sur les points, jamais sur la totalité du corps.

En résumé : à quoi ressemble vraiment un Sacré de Birmanie “roux” ?

Si vous rêvez d’un Sacré de Birmanie aux nuances orangées, voici à quoi vous pouvez vous attendre :

  • un chat au corps clair, ivoire ou crème ;
  • des points roux plus ou moins intenses (red point, cream point, tortie point) ;
  • des gants bien blancs au bout des pattes ;
  • et des yeux d’un bleu profond, caractéristiques de la race.

Vous n’aurez donc jamais un Birmanie totalement roux de la tête aux pattes comme certains chats de maison, mais vous pourrez profiter de ce joli contraste entre la douceur du corps clair et la chaleur des points roux. Une sorte de compromis parfait entre élégance, originalité et respect du standard.

Si vous envisagez d’adopter un tel chat, n’hésitez pas à demander à l’éleveur les couleurs exactes des parents (red point, cream point, tortie point, avec ou sans tabby). Vous aurez ainsi une idée plus précise des nuances que votre futur compagnon pourra afficher en grandissant.

Auteur/autrice

  • Passionnée par la cuisine depuis mon plus jeune âge, j'ai 31 ans et je travaille dans la restauration. J'adore découvrir de nouvelles saveurs et partager des moments gourmands avec les clients. Toujours souriante et dynamique, je mets un point d'honneur à proposer un service chaleureux et attentionné.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *